Mercredi 14 décembre 2011
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Les anciennes armoiries de Menton étaient : d'azur à Saint Michel terrassant le dragon, tenant dans sa main dextre une épée levée et dans sa
senestre une balance, le tout d'argent, accompagné des inscriptions de sable posées en pal, à dextre DEFENSOR et à senestre MENTONI.
ARMOIRIES DE MENTON : SAINT MICHEL TERRASSANT LE
DEMON
Parti : Au 1er d’azur à un saint Michel archange
le bras dextre levé tenant un glaive, la pointe en bas, la senestre tenant une balance, terrassant le démon armé de sa fourche, le tout d’or ; au 2e d’argent au citronnier au naturel
fruité d’or posé entre deux monts de sinople, le tout soutenu d’une mer d’azur mouvant de la pointe, au comble du même chargé de trois étoiles d’argent.
Tiens, tiens saint Michel tient une balance, pour quoi faire ? Est-il écrit dans la Bible qu'un ange pèse les morts pour entrer dans l'Eternité
?
Maintenant regardons un personnage qui effectivement pèse les morts qui vont entrer dans l'Eternité.
ANUBIS "DIEU EGYPTIEN DE LA MORT"
Coïncidence ?
Voici un extrait de :
<span>"O</span>u Païs Mentounasc"
Bulletin de la Société d'Art et d'Histoire du Mentonnais
n° 93<span> - Mars 2000</span>
<span> </span>
L'archange Michel, personnage biblique, est celui qui combat Satan (1)et les anges rebelles.
Selon cette tradition, il est donc chef de la milice céleste et défenseur de l'Eglise. Il est en outre psychopompe, c'est-à-dire qu'il conduit les morts et qu'il pèse les âmes le jour du Jugement dernier.
Les érudits ont rattaché son culte à celui de plusieurs dieux de l'Antiquité : Anubis, Hermès, Mercure, Wotan. En
Occident, le culte de saint Michel commence à se développer à partir des Ve et VIe siècles, à la suite de la consécration d'une grotte du Mont Gargano (2) dans le sud de l'Italie. De ce premier
lieu dédié à Saint Michel, qui devient un centre de pèlerinage pour toute l'Europe, il gagnera ensuite toute l'Italie (3), puis la France (4), l'Allemagne et toute la chrétienté. Les églises et
les chapelles qui lui sont dédiées deviennent innombrables autour de l'an mil ; elles sont souvent localisées sur des hauteurs. Michel est un saint céleste.
Paul Canestrier, dans son ouvrage "Fête populaire et tradition religieuse en pays niçois" (5), apporte des précisions intéressantes sur le culte de l'archange dans notre région :
"Une charte de 1073 mentionne l'église St Michel de Barbalate, près de Falicon, et une autre charte de 1092 atteste que quatre habitants de Saorge s'appelaient Michael ce qui permet de conclure
à la popularité de l'archange, à cette époque.
Plusieurs églises paroissiales de 1200 sont placées sous son vocable. Les plus anciennes figurations et notamment une dizaine de retables du XVe siècle, représentent uniformément St Michel
tenant une balance à la main et terrassant le démon qu'il transperce avec la hampe d'une croix à oriflamme. Ainsi se trouvent symbolisées les deux attributions principales de ce saint : exorciser
les lieux hantés par le diable et ses complices, peser les mérites des âmes au jour de leur passage dans l'au-delà, ce qui est une invitation à fuir le péché pour être un jour jugé digne du
ciel. Care a diabolo, lit-on sur une vieille porte de Lucéram. L'image de St Michel est peinte en grand sur la façade d'une chapelle de St Martin d'Entraunes et accompagnée de cet
avis salutaire : Passant, souviens-toi qu'un jour St Michel te pèsera... !. C'est dans ce sens qu'il faut interpréter les trois mots gravés sur une muraille de La Tour
: Elas, fault morir !. […]
La théorie qui fait de St Michel un saint des hauteurs ou des sommets, avec, comme corollaire, un remplaçant d'une divinité des montagnes, ne rallie plus tous les suffrages, aujourd'hui. Dans le
Comté de Nice, on voit encore des églises ou des chapelles dédiés à St Michel, juchées sur une cime : à Ilonse, Roccasparviera (au dessus du col St Michel), à Levens (sur la crête du
Mont-Férion), à Castillon, à Tourrettes-du-Château. D'autres sont assises sur un éperon, à mi-hauteur d'une montagne : à la Turbie, Castagniers, Venanson, Moulinet, Roya (St-Etienne-de-Tinée), à
Sigale, Clans, Sauze, Tende... ou bien sur une éminence dominant la ville basse : à Menton, Villefranche, Beaulieu (Nice avait, au moyen-âge, une église Saint Michel, sur la colline du château).
Mais il y en a également - et de fort anciennes - au fond de la vallée : à Sospel, Roquebillière, Saint-Sauveur-sur-Tinée. […] Quantité d'églises au XIIe siècle, placées sous le vocable de St
Michel et disparues, étaient réparties sur ces divers paliers.
Quoi qu'il en soit, il est incontestable que, depuis le moyen-âge, le peuple demandait à St Michel d'exorciser les solitudes montagneuses où le commun des mortels ne s'aventurait pas sans
appréhension."
Recueilli par Simone DOZON
Sources :
Paroisse de Menton (Père Bernardi)
La Bible et les saints, Flammarion 1990
Notes :
1. Apocalypse 12, 7-9.
2. En 490, l'archange Saint Michel apparaît en ce lieu à trois reprises pour en demander la consécration. La première fois après que le seigneur du Mont Gargano, voulant tuer un taureau qu'il
avait forcé jusqu'à une grotte inaccessible, pour lui épargner la mort par inanition, fut blessé par sa flèche qui revint vers lui en épargnant la bête. L'archange sauva ensuite la ville de
l'invasion des Barbares, puis d'une épidémie de peste. Une première église fut construite alors sur le mont, qui prit le nom de Mont-Saint-Ange (l'église actuelle date de 1282).
3. En 590, construction du château Saint Ange à Rome par le Pape Grégoire.
4. En 708 l'évêque d'Avranches fait construire un oratoire sur le Mont-Tombe en l'honneur de l'archange, qui deviendra le Mont-Saint-Michel.
5. Serre Editeur, Collection Vida, 1978.